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Sur le sol

Par Dominique Chauvet

Ne cherche pas la formule. Le mot parfait arrive sous l’impulsion de l’amour quand la parole s’enrobe d’une lumière qui touche plus qu’un poème sacré. Je suis partout où tu respires, regardes et vis. Il n’y a aucun lieu d’exception qui ne soit plus beau ou aimé qu’un autre. Ni forme ou pouvoir ne sont plus nécessaires au monde parallèle ou nous marchons ensembles. Au sol, étonnée de Nous savoir à la bonne place.

Ta main dans la mienne se fait légère par crainte de conduire aveuglée et tu vois ma tendre étreinte te mener dans un monde étonnement commun. Tu cherchais les étoiles et te voici conduite à l’étable qui vit naître ton frère. Au sol, étonnée de Le savoir à la bonne place.

Les têtes basses et les cœurs hauts conduisent les âmes prêtes au monde que foulent les pas sacrés des anges. Disparue pour me voir, Je suis la Lumière que ton âme perçoit dans les ombres mouvantes d’un monde que tu croyais fou. 

Ne cherche pas la réponse. Reste avec moi dans le vide dont notre passage est fait et goûte aux instants sans but et pourtant sacrés. Regarde se déployer sous nos pas les terres qui accueillent graciles nos enjambées joyeuses. Souris à l’instant déroulé devant nous pour donner ses fruits mûres à goûter. Au sol, étonnée de les savoir à la bonne place. 

Ne questionne pas la transparence des êtres que tu croises. Il n’y en a pas un qui ne soit à sa place et pourtant, aucun dont tu n’aies besoin. Détache-toi de leurs formes et vibre au rythme de leurs passages offerts. Au sol, étonnée de Te savoir à la bonne place.

La tension pour me trouver est passée. Ensemble nous touchons, sourions, mangeons.  Ni dômes ou haillons, mais des vagues qui submergent à leurs façons ce sol qui offre aux pensées leurs effets. Les voies lumineuses de l’harmonie quotidienne prodiguent l’amour à la vie donnée et chaque cellule des formes s’illumine pour faire danser sur terre les étoiles d’un ciel humain. 

Reposés en nous et sereins, la lourde respiration du monde arrive à son firmament. Notre cœur est soulagé des taches autrefois vantées et ses battements répondent en écho à la poussière d’une terre et d’un ciel mélangés. Notre respiration est celle des corps, des terres, des mers et des ciels. Nous naviguons lentement dans l’espace affiché et pêchons les faits dorénavant pardonnés. À l’appel, qui criait fort et haut, succède un écho profond et lent qui sait de quoi il est fait. La grâce dorénavant nourrit nos larges respirations soulagées. Au sol, étonnée de savoir chaque chose à la bonne place.

“Rappelle-toi maintenant d’une merveilleuse journée, car chacun de vous en a connu au moins une qui brillait comme un phare dans un monde de ténèbres. Un jour où le soleil luisait sur ton monde et tu avais l’impression de faire partie de toute chose. Chaque arbre et chaque fleur t’accueillaient. Chaque goutte d’eau semblait rafraîchir ton âme, chaque brise te porter jusqu’au ciel. Chaque sourire paraissait t’être destiné et tes pieds ressentaient à peine le doux contact du sol sur lequel tu marchais. Voilà ce qui t’attend lorsque tu te joins à tout ce que tu perçois. Voilà ce qui t’attend lorsque tu ne portes aucun jugement sur le monde et que, ce faisant, tu te joins à tout ce qui existe, quand tu répands ta sainteté sur un monde de chagrin et de misère, le transformant, par la jonction, en un monde de joie.”

- Un Cours d’Amour